Pour fêter l'arrivée du Printemps et le nouvel an iranien, nous vous proposons une petite sélection de textes de la poétesse persane Forough Farrokhzad (1934-67).
L'oiseau n'était qu'un oiseau
L'oiseau s'exclama : "Quels parfums, Quel soleil !
Le printemps est arrivé,
Je m'en vais chercher ma compagne."
Il s'élança du bord du balcon
Et s'envola comme un message.
L'oiseau était petit
L'oiseau ne pensait pas
L'oiseau ne lisait pas le journal
L'oiseau n'avait pas de dettes
L'oiseau ne connaissait pas les hommes.
Il traversait l'air
Survolant les feux tricolores
Jusqu'aux sommets de l'oubli
Et vivait en ces hauteurs
des moments bleus
Avec une passion folle
Enfin l'oiseau,
Ah l'oiseau,
n'était qu'un oiseau.
(adaptation libre, Keyvan Sayar)
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Une autre naissance
Je connais une petite fée triste
Qui demeure dans un océan
Et qui chante tendrement
Son coeur dans une petite flûte
Triste petite fée
Qui chaque nuit d'un baiser meurt
Et d'un baiser chaque jour renaît
(adaptation libre, Keyvan Sayar)
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Le vent nous emportera
Dans ma nuit, si brève, hélas
Le vent a rendez-vous avec les feuilles.
Ma nuit si brève est remplie de l'angoisse dévastatrice
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
De ce bonheur, je me sens étranger.
Au désespoir je suis accoutumée.
Ecoute ! Entends-tu le souffle des ténèbres ?
Là, dans la nuit, quelque chose se passe
La lune est rouge et angoissée.
Et accrochée à ce toit
Qui risque de s'effondrer à tout moment,
Les nuages, comme une foule de pleureuses,
Attendent l'accouchement de la pluie,
Un instant, et puis rien.
Derrière cette fenêtre,
C'est la nuit qui tremble
Et c'est la terre qui s'arrête de tourner.
Derrière cette fenêtre, un inconnu s'inquiète pour moi et toi.
Toi, toute verdoyante,
Pose tes mains - ces souvenirs ardents -
Sur mes mains amoureuses
Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,
Aux caresses de mes lèvres amoureuses
Le vent nous emportera !
Le vent nous emportera !
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Le pêché
J'ai pêché, pêché dans le plaisir,
dans des bras chauds et enflammés,
j'ai pêché dans des bras de fer,
brûlants et rancuniers.
Dans ce lieu solitaire, sombre et muet,
ses yeux remplis de mystère j'ai regardé,
mon coeur dans ma poitrine, impatiemment a tremblé,
des supplications de désirs de ses yeux.
Dans ce lieu solitaire, sombre et muet,
je me suis assise près de lui, agitée,
sa lèvre, l'envie, sur mes lèvres a versée,
de la tristesse de mon coeur fou, je me suis libérée.
A l'oreille, l'histoire d'amour, je lui ai racontée,
je te veux mon amant,
je te veux, toi dont les bras sont vivifiants,
je te veux, toi mon amoureux fou.
Le désir alluma le feu dans son regard,
le vin rouge dansa dans le verre,
mon corps sur le lit doux,
ivrement trembla sur sa poitrine.
J'ai pêché dans le plaisir,
près d'un corps tremblant et évanoui,
Dieu! Je ne sais ce que j'ai fait,
dans ce lieu solitaire, sombre et muet...
(traduction: Nazli)
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